La petite Pêcherie, une habitation ?

La petite Pêcherie, bâtiment proche du gois d’accès à l’Ile Berder, est en bordure de la côte ouest, entièrement sur le domaine terrestre. Quelle en était la destination ? 

Lors de l’acquisition par Dillon en 1878 l’île ne comportait aucun bâtiment (Arch.Dép.3PMatrices cadastr.). Les deux bâtiments de la Pêcherie ont été bâtis dans l’intervalle 1878-1887 sans que l’on en sache la date.

Le 8 avril 1885 le bâtiment de la petite pêcherie était présent sur un plan établi par l’administration illustrant une demande de terre-plein à l’emplacement de la Grande Pêcherie par le Comte Dillon, propriétaire de l’île depuis 1878 (Arch.Dép.4S 177). Le bâtiment de la grande pêcherie n’existait pas encore.
  
Beaucoup plus tard, dans l’acte de cession de l’Ile Berder par Arthur Dillon à la Duchesse d’Uzès le 17 août 1908, les deux bâtiments de la Pêcherie sont désignés dans la liste des bâtiments sous les noms d’« atelier » et de « servitude » (Arch.Dép. Q 14465 p176-177).

Dans l’histoire abrégée de Berder (Bull.Soc.Polymath.Morb.2015 p398) Bertrand Frélaut écrit que le Comte Dillon construisit dès l’achat de l’île en 1878 une « pêcherie pour le matériel agricole, un bâtiment pour le matériel des bateaux, une ferronerie et, au centre de l’île une menuiserie ». 

Un Inventaire du Patrimoine de la Région Bretagne, établi sous la responsabilité du Conseil Régional en 1991-1996, énumère, parmi les constructions du Comte Dillon antérieures aux bâtiments centraux, des « bâtiments d’exploitation agricole construits vers 1880 ». Il s’agit des bâtiments du nord de l’île à la pêcherie, les seuls existants. 

La petite pêcherie présente de fait la structure d’un bâtiment voué au stockage d’outils et aux petites réparations, non à l’habitation, avec une porte cochère, de petites et hautes fenêtres, deux petites pièces sous le toit et l’absence de cheminée.

Cependant la commune de Larmor Baden décide le 14 décembre 2020 de ne pas s’opposer à une déclaration préalable de la société OCDL-Giboire visant à effectuer des travaux de « modification de l’aspect extérieur du bâtiment ». Cette modification des façades complète un dossier de déclaration préalable déjà déposé le 10 juillet 2020 pour le « réaménagement de deux logements existants ». 

Les deux déclarations préalables déposées correspondent en réalité à un changement de destination du bâtiment. Or tout changement de destination dans la bande des 100 m du littoral est interdit par la loi littoral (Code Urb L 121-16). Après un recours gracieux demandant au Maire de retirer sa non-opposition, resté sans réponse, les 4 associations appuyées par Me Dubreuil se sont adressées au Tribunal Administratif de Rennes le 4 juin 2021.

L’affaire en est là.

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